Comment faire son jambon maison

La consommation de charcuterie a été classée cancérogène pour l’Homme par le CIRC en 2018. Parce que les composés N-nitrosés liés à l’emploi de sels nitrités pour conserver les viandes transformées entraîne la formation de composés génotoxiques (c’est-à-dire toxiques pour l’ADN). Afin de continuer à garder une alimentation variée et parce qu’il est possible de faire sans, voici la recette du jambon sans nitrite et nitrate.

Les nitrites et nitrates sont utilisés pour plusieurs raisons : améliorer la conservation, modifier le goût et donner la couleur rose au jambon. La couleur naturelle du jambon est le gris, à cause de l’oxydation (contact de l’air avec le jambon).

Pour faire son jambon maison, il faut préparer une saumure (préparation d’eau salée) :

  • 6 L d’eau chaude
  • 900 g de gros sel marin gris (non lavé, non raffiné)
  • 270 g de sucre
  • quelques clous de girofle
  • Un oignon
  • Quelques grains de poivre
  • Un petit bouquet de romarin frais et du thym
  1. Tous ces ingrédients forment la saumure, qui doit être portée à ébullition pour libérer les arômes. Une fois à ébullition, laissez mijoter 5 minutes puis coupez le feu et attendez que ça refroidisse.

Pour la viande, demander au boucher un jambon de porc (désossé si possible) : c’est la cuisse de la patte arrière du cochon. Vous pouvez aussi faire votre jambon avec de la longe de porc entière désossée. Ce sont des morceaux qui peuvent peser entre 8 et 12kg.

  1. Une fois la saumure prête, il y a 2 scénarios :
  • Vous avez une seringue : remplissez le jambon à l’aide de la seringue, puis mettez-le dans une chaussette à jambon. Vous serrez bien la chaussette et mettez au frais toute une nuit.
  • Vous n’avez pas de seringue : Emballez le jambon dans la chaussette et laissez le jambon reposer dans la saumure pendant 5 jours complets.

La chaussette peut être remplacée par de la ficelle alimentaire.

  1. Ensuite, on va cuire le jambon. Il y a encore 2 scénarios :
  • Vous pouvez faire suspendre le jambon dans une cocotte/marmite ET vous avez un thermomètre pour vérifier la température à l’intérieur du jambon : Faites chauffer pendant 6 à 7h le tout dans de l’eau ou un bouillon de légumes, jusqu’à ce que l’intérieur du jambon dépasse les 63°C (température qui tue les bactéries)
  • Vous n’avez pas l’un des deux : mettez le jambon dans du papier sulfurisé et de l’aluminium, au four pendant 3h30 à 90°C. Tout le jambon aura cuit uniformément. Mettez à nouveau en cuisson pendant 30min à 90°C pour faire sécher un peu le dessus.
  1. Enfin, emballez bien fermement dans du film cellophane et laissez-le une nuit au frigo.

Votre jambon blanc est prêt !

Le jambon se conserve frais 2 jours max au frigo, frais sous vide 5 jours, jusqu’à 1 an au congélateur.

Faire son jambon maison

Pourquoi faire son jambon maison

1. Contrôle total des ingrédients

Faire son jambon maison donne un contrôle absolu sur la composition, ce qui n’est pas possible avec la charcuterie industrielle. Cela signifie que vous choisissez la qualité et l’origine de la viande, le sel, les herbes aromatiques, et décidez de l’absence d’additifs comme les nitrites. Pour comparaison, une étude sur les produits de charcuterie en France a montré que 89% des jambons cuits du commerce contiennent des nitrites ou nitrates ajoutés qui ne sont pas présents dans une version maison quand vous les excluez volontairement.

Ce contrôle est particulièrement significatif car les nitrites, bien qu’utilisés pour la sécurité microbiologique, font l’objet de recommandations pour réduire leur usage dans les produits transformés. En cuisinant vous-même, vous pouvez donc réduire ou éliminer ces additifs tout en respectant les bonnes pratiques d’hygiène.

2. Une saveur plus authentique et personnalisée

Le jambon blanc industriel est travaillé pour des raisons de standardisation, mais il manque souvent complexité aromatique et personnalité. Quand vous faites votre jambon maison, vous pouvez ajuster le profil aromatique avec du laurier, du thym, du poivre, ou d’autres épices selon vos préférences. Cette personnalisation développe des arômes que l’on ne trouve pas dans les produits standards, car ceux-ci sont souvent conçus pour plaire à une majorité de consommateurs plutôt qu’à des goûts spécifiques.

De plus, une étude sur les habitudes alimentaires montre que 80% des Français qui souhaitent manger plus sainement comptent d’abord sur le fait-maison pour mieux contrôler leur alimentation, ce qui inclut le goût et la satisfaction sensorielle.
En bref, faire son propre jambon permet d’atteindre une qualité gustative adaptée à vos attentes, ce qui peut significativement améliorer votre plaisir de manger.

Améliorez votre santé et votre quotidien !

Voici une liste d’autres alternatives essentielles et recettes à mettre en place !

3. Économie potentielle et maîtrise du budget

Sur le plan économique, faire votre jambon maison peut s’avérer moins coûteux que l’achat de charcuterie industrielle ou artisanale. L’achat de viandes et ingrédients en gros, puis leur transformation à domicile, permet souvent de réduire le coût au kilogramme par rapport à des produits transformés ou artisanaux vendus à l’unité. Par exemple, acheter un colis de viande pour faire soi-même ses charcuteries peut offrir une économie non négligeable par rapport à l’achat de produits finis.

Prix moyen de la viande :

  • Jambon de porc : 7€/kg
  • Longe de porc : 5€/kg
  • Jambon industriel : 15€/kg
  • Jambon artisanal : 20€/kg

Sur une année, ces économies peuvent être accrues si vous préparez plusieurs pièces ou d’autres charcuteries maison, tout en sachant exactement combien vous dépensez sur les ingrédients. Ainsi, au-delà du geste culinaire, il existe une dimension financière tangible à préparer vos aliments plutôt que de les acheter tout faits.

4. Réduction des additifs controversés pour la santé

La charcuterie industrielle utilise souvent des nitrites et nitrates comme additifs pour empêcher la croissance de bactéries dangereuses, mais ces mêmes composés sont surveillés par les autorités sanitaires. En France, le gouvernement a lancé une trajectoire de baisse progressive des nitrites dans les charcuteries de plus de 80 % des volumes mis sur le marché pour réduire l’exposition des consommateurs à ces additifs.

Les nitrites sont reconnus pour améliorer la couleur et la conservation, mais ils sont également associés à des préoccupations de santé lorsqu’ils sont consommés en excès. Par exemple, le Programme National Nutrition Santé recommande de limiter la charcuterie à 150 g par semaine, ce qui correspond environ à trois tranches de jambon blanc.

Faire son jambon maison vous permet de décider de l’usage ou non de ces additifs, en les remplaçant par des méthodes traditionnelles et des contrôles d’hygiène stricts si vous le souhaitez.

5. Amélioration de la qualité nutritionnelle générale

Cuisiner chez soi, en particulier avec des produits peu transformés, s’aligne sur les recommandations nutritionnelles modernes qui encouragent la réduction des aliments ultratransformés. Les données montrent que les aliments ultratransformés représentent près de 30% des apports énergétiques en France et qu’une consommation plus faible de ces produits est associée à un risque réduit de maladies chroniques (cardiovasculaires, diabète, certains cancers).
En préparant votre propre jambon, vous contrôlez le sel, évitez les additifs inutiles, et vous intégrez des ingrédients plus naturels, ce qui diminue l’exposition aux composants liés aux risques de santé.

Cette approche culinaire vous aide à aligner vos repas sur des critères nutritionnels plus stricts, tout en améliorant la densité des nutriments par rapport à des produits très transformés.

6. Transmission d’un savoir-faire culinaire

Faire son jambon maison n’est pas qu’un acte alimentaire, c’est aussi une compétence culinaire transmise de génération en génération dans de nombreuses cultures. Le processus demande de comprendre les réactions physiques de la viande au sel, à l’humidité, et à la cuisson, ce qui enrichit votre culture gastronomique.
Ainsi, au-delà de l’aspect pratique, préparer des aliments à partir de matières premières est une activité culturellement enrichissante qui crée un lien plus fort avec la nourriture que vous consommez.

7. Flexibilité créative et personnalisation des recettes

Enfin, faire son jambon maison permet d’être créatif et d’adapter la recette selon vos goûts ou besoins alimentaires spécifiques. Vous pouvez choisir une version plus salée, plus herbacée, avec différentes épices, ou même expérimenter des méthodes alternatives de salaison ou fumage doux.
Cette flexibilité va bien au-delà de ce qu’offre la charcuterie commerciale standardisée, où les recettes sont conçues pour plaire à un large public. Chez vous, vous pouvez créer des variations uniques, en fonction de la saison, des herbes fraîches disponibles, et même des profils nutritionnels personnels.
C’est une forme d’expression culinaire qui rend la pratique de faire son jambon maison à la fois pratique et profondément personnelle.

Sécurité alimentaire et précautions essentielles

Lorsqu’on envisage de faire son jambon maison, il est crucial d’aborder la question de la sécurité alimentaire avant même de parler de goût ou de technique. La transformation de viande crue en un produit prêt à consommer passe par des étapes (saumurage, sel, cuisson, refroidissement) qui doivent neutraliser les risques microbiens et toxiniques. Cela ne se fait pas au hasard.

Les nitrates et nitrites servent historiquement à inhiber la croissance de bactéries dangereuses, notamment Clostridium botulinum, responsable du botulisme. Ces ions ont une fonction antimicrobienne documentée dans les charcuteries, mais leur usage est réglementé et diminue progressivement dans les produits vendus en France.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) confirme également que l’exposition aux nitrites et nitrates, présents dans divers produits de charcuterie, est associée à un risque accru de cancer colorectal, en concordance avec les classifications du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). En réponse, le gouvernement français a engagé une trajectoire de réduction de ces additifs de plus de 80 % des volumes de charcuteries mis en marché (dont les jambons) tout en maintenant la sécurité sanitaire.

Quand on prépare soi-même un jambon maison sans nitrites ajoutés, on doit compenser ce rôle protecteur par des bonnes pratiques d’hygiène strictes : maintenir la viande à basse température pendant toute la phase de salaison, cuire la pièce à une température interne sûre, et refroidir rapidement pour éviter que des bactéries ne se développent.

En résumé, faire son jambon maison est sûr à condition de maîtriser la salaison, la cuisson et la réfrigération, tout en respectant des principes reconnus de sécurité alimentaire.

Voici l’aperçu des grandes étapes pour faire son jambon maison en toute sécurité :

  1. Salaison ou saumure contrôlée : immortaliser la viande dans un bain salé pour modifier l’eau interne et limiter le développement microbien. Ce qui explique les 5 heures si on ne peut pas injecter la saumure (étape 1).
  2. Contrôle des températures : maintenir la viande froide pendant la salaison, puis cuire à une température interne qui garantit l’inactivation des agents pathogènes (63°C).
  3. Refroidissement rapide : après cuisson, réduire la température rapidement pour bloquer toute prolifération bactérienne. En le plaçant au frigo (étape 4).
  4. Affinage ou repos : repos au froid pour stabiliser les arômes (étape 4 aussi en laissant reposer une nuit).

Ce cadre sert de base, mais la sécurité alimentaire ne doit jamais être improvisée. Chaque étape peut être ajustée selon l’équipement disponible et les volumes traités.

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